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mercredi 29 février 2012

Automobile et héraldique - Cadillac

Pour poursuivre notre voyage automobile au sein de l’héraldique, restons en Amérique, et même, à plus d’un titre, à Détroit, avec Cadillac.
Cette marque, symbole encore aujourd’hui du luxe automobile américain, est fondée à Détroit, en 1907, par Henry M. Leland, avant de rejoindre Buick au sein de la General Motors dès 1909.
Dans sa forme actuelle, à la suite d’une série d’évolutions que nous verrons ensuite, le logo de Cadillac se présente sous la forme d’un écusson placé au centre d’une couronne de lauriers. Cet écusson peut se décrire de manière héraldique par le blasonnement suivant : écartelé : 1 et 4, d’or, à la fasce de sable ; 2 et 3 contre-écartelé : a et d, de gueules plain ; b et c, d’argent, à la fasce d’azur.

Cadillac

Disons-le tout de suite, cet écusson est sous une forme simplifiée la reprise directe des armes d’Antoine de La Mothe, Seigneur de Cadillac (1658-1730), duquel il nous faut dire quelques mots.
Tout d’abord la raison pour laquelle la marque Cadillac a utilisé son nom et donc par voie de conséquence ses armoiries s’explique par la localisation de la compagnie à Détroit. En effet, Antoine de La Mothe est le fondateur en 1701 du Fort Pontchartrain, établissement français d’Amérique qui formera le berceau de la future ville de Détroit. Le blasonnement de ses armoiries personnelles était : Ecartelé : 1 et 4, d’or, à la fasce de sable, accompagnée de trois merlettes du même ; 2 et 3, contre-écartelé : a et d, de gueules plain ; b et c, d’argent, à trois fasces d’azur.

La Mothe de Cadillac


A l’origine et jusqu’en 1970, la marque Cadillac utilisait les armoiries originales sans autre modification qu’une représentation assez courante, mais pas systématique, des merlettes en blanc. Puis, en 1970, une première étape de simplification consista à réduire à une seule fasce d’azur la charge des quartiers b et c des grands quartiers 2 et 3, pour renoncer en 2002 également à la représentation des merlettes, donnant ainsi sa forme actuelle au logo.
Les armoiries originales d’Antoine de La Mothe appellent quelques explications, car la personne d’Antoine de La Mothe elle-même appelle des explications. Tout d’abord, cet aventurier français ne s’appelait en réalité pas La Mothe et n’a jamais été Seigneur de Cadillac. En effet, fils d’un avocat au Parlement de Toulouse, il est né Antoine Laumet. Après une jeunesse passée en France comme cadet puis jeune officier dans différents régiments, avant de partir plus ou moins clandestinement et pour des raisons à ce jour inconnues, sans doute judiciaires, pour les Amériques en 1683. Arrivé en Nouvelle-France il change de nom et adopte celui d’Antoine de La Mothe, qu’il accompagne des titres d’Ecuyer et de Seigneur de Cadillac. Nous ne nous étendrons pas plus avant sur la vie de cet homme, qui sera tout de même en 1710, Gouverneur particulier de Louisiane, pour en revenir à notre sujet héraldique initial. En changeant de nom, il adopte également les armoiries que nous venons de voir et sur lesquelles nous pouvons apporter quelques commentaires. Les quartiers 1 et 4 de celles-ci, ceux aux merlettes, semblent être une interprétation personnelle, en forme de brisure par changement de couleurs, des armes de la fameuse famille d’Esparbes (Esparbès)-Lussan, qui entre autres titres possédait celui de Seigneur de La Mothe (titre situé au manoir de La Mothe-Bardigues, à côté de Toulouse), et dont le blasonnement était : d’argent, à la fasce de gueules, accompagnée de trois merlettes de sable.

Esparbes-Lussan


Pour les quartiers 2 et 3, l’origine ou plutôt l’inspiration d’Antoine Laumet n’est pas connue, peut-être s’agit-il même d’une simple création ex-nihilo, mais force est de constater la forte similarité avec les armes de Montberon, un célèbre Lieutenant-Général de l’époque, dont le blasonnement était : écartelé : 1 et 4, burelé (8) d’argent et d’azur ; 2 et 3, de gueules plain.

Montberon

On pourrait aussi imaginer que l’influence se situe dans les armes d’Albret, qui étaient de gueules plain et dans les armes de Clérembault qui présentaient un burelé (10) d’argent de sable, sachant que le jeune Antoine aurait été justement, si cette partie de sa biographie est réelle, officier aux régiments d’Albret puis de Clérembault… mais ceci n’est que pure conjecture, et l’influence réelle, si elle a effectivement existé, restera sans doute à jamais un mystère.

Clérembault


 Albret

4 commentaires:

  1. Bonjour Arnaud

    bravo pour ce bel article très documenté , toutefois j'ai une petite remarque, ne m'en veux pas, peut-être mes infos sont inexactes, mais :
    Le 1 et 4 des armes de Montbron , seigneurs de
    l'Angoumois (Charente) viennent de la grande famille de Lusignan dont le premier du nom : Robert est petit-fils de Hugues III de Lusignan voir site la ville : http://www.montbron.fr/spip.php?article28
    et aussi mon article : http://herald-dick-magazine.blogspot.com/2012/02/les-villes-des-charentes-recensees-par.html

    au passage : Detroit ( ditroyte ) ne porte pas d'accent sur le e en anglais !☺ à moins que ce soit le nom de la colonie créée par les Français
    que tu cites ?
    amitiés
    HD

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  2. Que de surprises dans ces articles automobiles !

    Je n'aurais jamais cru que cette marque ait pu avoir une inspiration française (quoique, vu le nom).

    Le petite histoire qui rejoint la grande, j'adore ça !

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  3. Merci Rincevent. C'est bien l'objectif que de permettre à l'héraldique d'être une porte vers l'histoire.

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  4. Bonjour Herald Dick. Effectivement, le burelé de Montébron (Montbron) nous renvoie directement à la grande et antique Maison de Lusignan.
    Mais ici, l'analyse ne peut pas vraiment se dérouler ainsi. En effet, comme expliqué ici, le nom d'Antoine de La Mothe-Cadillac est en fait un pseudonyme et ses armoiries une création de fantaisie. Du coup, il nous faut rechercher qu'est ce qui a bien pu passer dans la tête de ce jeune aventurier pour expliquer ce choix d'armoiries. Par quoi a-t-il été influencé ? D'où les différentes hypothèses que j'émets, sans d'ailleurs apporter de réponse affirmative.
    Maintenant cependant, il est exact, que les armoiries d'Albret que je propose combinées à Clérembault, sont déjà présentes dans la première hypothèse Montbéron (Montbron) (qui est une combinaison Lusignan/Albret). Mais, comme j'ai montré dans l'article que l'hypothèse Clérembault/Albret pouvait aussi avoir un sens, il me semble difficile de trancher.
    Enfin, pour Détroit, l'orthographe française de la ville comporte un "é". Cela fait partie de ces villes dans le monde qui comportent une appellation française en plus de l'appellation locale (Nouvelle-Orléans/New-Orleans - Londres/London - La Haye/Den Haag, etc.). Tu peux d'ailleurs vérifier ce point sur Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9troit_%28Michigan%29
    Pour terminer, je suis absolument ravi de l'intérêt que suscitent cette série d'articles.
    Merci.

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Vous pouvez m'aider
Si j'en crois Wikipedia, il semble que l'Ordre de l'Aigle Noir de Prusse (Hohe Orden vom Schwarzen Adler) n'a compté que 407 récipiendaires entre 1701 et 1918. Si cette information est exacte, un tel nombre de personnages serait compatible avec une publication sur le présent blog, à la manière de ce que je fais actuellement pour la Toison d'Or ou encore la Jarretière.
En conséquence, je suis à la recherche d'une liste complète et chronologique des titulaires de cet ordre (cette liste pourra être en français, en allemand, en anglais ou en toute autre langue).
Merci d'avance de votre aide.

PS 1 : les premières informations collectées (merci aux nombreux contributeurs) laissent penser que le nombre de 407 concerne exclusivement ceux des chevaliers qui furent reçus avec collier, le nombre global de chevaliers étant significativement plus important. Pour autant, je recherche toujours une liste exhaustive des chevaliers, au moins celle des 407 récipiendaires du collier. J'ai obtenu une liste qui semble complète, jusqu'en 1851, il paraît qu'une autre liste exhaustive existe des origines à 1901 (je l'a recherche d'autant plus qu'elle pourrait être armoriée).

PS 2 : il semble qu'une liste des 407 détenteurs du collier ait été publiée dans un ouvrage intitulé "Die Ketten des Preussischen Hohen Ordens vom schwarzen Adler 1701-1918" de P. Sauerwald et E. Schuberski. Si une personne y avait accès, merci de penser à moi.

PS 3 : l'ouvrage de 1901 dans lequel figureraient les armoiries des 1129 chevaliers, avec ou sans colliers, créés à cette date, est intitulé "Die Ritter des Königlich Preussischen Hohen Ordens vom Schwarzen Adler und ihre Wappen (1701–1901)" par R. Stillfried-Alcántara. Merci de penser à moi si l'un de vous y avait accès.

PS 4 : grâce à la grande générosité de l'un d'entre vous, je dispose maintenant de l'ouvrage de 1901. Une grande partie de la ressource documentaire nécessaire à la publication d'un futur armorial est donc réunie. Ne manquent plus maintenant que des informations sur la période 1901-1918 pour envisager un armorial vraiment complet.

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Arnaud BUNEL